10 juin 2007
Vendredi 6 avril 2007
Prêts pour la visite de Marrakech?...en route!
Lahcen nous avait prévenu: il ne serait pas notre guide en ville. Lui, c'est la montagne qu'il aime! En riant, il nous disait souvent aussi: "attention: Marrakech : Arnakech!" Il ne semblait pas non plus avoir beaucoup d'estime pour les guides de ville: nous savions à quoi nous en tenir.
Notre programme prévoyait pour le vendredi, une demie-journée en compagnie d'un guide et d'un chauffeur, et nous devions visiter deux monuments de notre choix. Nous avions déjà bien étudié le plan de la ville, et nous savions à peu près ce que nous voulions faire de notre matinée, afin aussi, de ne pas gâcher notre après-midi.
Une femme habillée du kaftan traditionnel est arrivée au ryad tôt le matin: nous n'avions aucune idée de l'heure prévue. Elle se présente et nous conduit à un minibus, dans lequel nous prenons tous place. C'est alors qu'elle nous annonce que nous allons visiter le palais de la Bahia ( situé à 5 minutes à pieds du Ryad), et les jardins Majorelle....forcément, ça partait mal: nous refusons son programme. D'une part, parce que nous étions sensés choisir nous-même, et d'autre part, et surtout, parce que nous avions déjà visité le palais l'an dernier. Quant aux jardins Majorelle, nous avons prévu d'y retourner le lendemain, dès l'ouverture. Plus tard, inutile d'espérer prendre la moindre photo sans personne dessus! De plus, un guide est complètement inutile dans les jardins.
Elle apprécie moyennement notre protestation, mais nous demande ce que nous voudrions visiter. Plusieurs choses nous intéressent, bien sûr: notamment la Medersa Ben Youssef, située non loin de la fontaine Chrob ou Chouf. J'aimerais aussi voir le quartier des tanneurs: combien de fois avons nous arpenté les ruelles étroites des souks? nous n'avons jamais trouvé notre chemin! Elle nous propose aussi de visiter les jardins de la Koutoubia. Le programme est bouclé, nous démarrons, direction la Koutoubia.
La Koutoubia est la plus grande mosquée de Marrakech. Comme toutes les autres au Maroc, à l'exeption de la Mosquée Hassan II de Casablanca, elle ne se viste pas: les non musulmans ne peuvent y entrer. Ne croyez pas que c'est là la volonté de quelques intégristes: pas du tout! C'est le Maréchal Lyautey, qui à son arrivée au Maroc en 1912, ordonna cette interdiction pour permettre aux marocains de vivre leur culte dans la sérénité: les militaires et les étrangers en général, ne pouvaient plus profaner ces sanctuaires.
J'aurais beaucoup aimé retenir, ne serait-ce que quelques mots des explications de notre guide, mais il n'en fut rien: cette personne, dont je n'ai même pas retenu le nom, n'avait aucun talent pour transmettre son savoir, parlant à toute vitesse, sur un ton monocorde.
La visite du jardin se fit au pas de course: dommage... il devait faire bon y flaner un peu. Au loin, nous apercevons encore les sommets enneigés de l'Atlas. ah si! j'ai tout de même appris grâce à elle, que Marrakech est dotée d'un système de canalisations très performant, permettant l'arrosage, été comme hiver, des nombreux jardins de la ville, ainsi que l'eau courante dans les maisons, et ce, grâce à la récupération des neiges de l'Atlas...
A peine le temps de s'imprégner des lieux que nous sommes invités à remonter dans le minibus, direction la Medersa Ben Youssef. Cette medersa est l'une des plus importantes du Maroc. Le bâtiment est un joyau de l'architecture arabo-andalouse. Cette université coranique accueillait jusqu'à 130 étudiants, venus du monde entier.
Au premier étage se situent les chambres, ou plutôt les cellules des étudiants: les élèves les plus brillants avaient droit aux plus belles chambres, avec vue sur le bassin de la cour intérieure.
C'est un des bâtiments les plus visités de Marrakech et l'heure est déjà trop tardive pour pouvoir en saisir les images les plus belles: il faut des trésors de patiences pour saisir un cliché sans touriste, et notre guide s'impatiente déjà...je n'ai pas regardé ma montre, mais nous avons du mettre moins d'une demie-heure pour en faire le tour! quant à ses commentaires...je pense que n'importe quel guide vendu en librairie nous donnerait mille fois plus de renseignements!
Déjà, nous sommes priés de sortir: il faut nous dépêcher, nous dit-on! Ayant lu dans diverses brochures, que la fontaine Chrob ou Chouf était dans les parages, nous demandons s'il serait possible de la voir, mais manifestement, elle n'est pas à son programme: pour toute réponse, nous aurons "c'est une fontaine!"...que dire?...rien: à partir de ce moment, je n'ai qu'une envie, me débarasser d'elle le plus vite possible.
A l'odeur, nous comprenons très vite que nous approchons du quartier des tanneurs...
En passant cette porte, je ressens immédiatement une gêne: je n'ose croiser le regard de ces gens qui travaillent là, dans des conditions inimaginables pour notre époque. J'ai un peu honte, d'assister à leur labeur, en pantalon blanc, appareil photo à la main...feuille de menthe dans l'autre...
Feuille de menthe que nous offre dès notre entrée un jeune homme: je dois dire que l'air est irrespirable. Je ne pense pas être une petite nature, mais je dois avouer qu'à deux reprises, j'ai eu le coeur au bord des lèvres. Le sol est rendu poisseux et glissant, et il vaut mieux ne pas glisser! si mes photos sont mal cadrées ou de travers, c'est que j'ai shooté au hasard; d'une part parce que j'étais vraiment incapable de me passer de respirer la menthe, à moins de rester en apnée, et d'autre part parce que je n'avais pas bonne conscience de jouer les touristes devant ces hommes.
Un homme, dort, au milieu des détritus, des peaux en état de décomposition. Il se repose, et ne semble pas incommodé par les mouches, et encore moins par l'odeur. Nous restons sans voix...
Le travail des peaux est un travail long, "à la chaine". Le quartier des tanneurs est en fait une immense cour, fermée par les murs hauts de la médina. Il travaille ici des hommes de tous ages:de l'adolescent, à peine sorti de l'enfance, au vieil homme que le travail a plié.
La première étape est bien sûr le lavage. Les peaux sont ensuite trempées dans la chaux vive, pour enlever tous les poils et la graisse.
Les poils sont récupérés: ils composent ce qu'on appelle la laine morte. Elle est troquée contre de la fiente de pigeon...d'où l'odeur nauséabonde!
La laine morte est confiée aux petites filles: c'est avec cette laine qu'elles apprennent à tisser.
La fiente de pigeon est utilisée pour assouplir les peaux.
Vient ensuite le temps du grattage...
Cette photo est la première que j'ai payée! sur "ordre" de la guide. Cette coutume, courante en ville, n'a pas cour en montagne. J'y suis farouchement opposée: elle gâche le plaisir de la rencontre, du voyage. Je suis persuadée que ce sont des pratiques qui ont été à l'origine, induites par les guides, qui demandaient ensuite une petite rétro-cession. Seul un travail, un service, doit entrainer rétribution: ces pratiques sont symptomatiques du tourisme de masse, et gâchent l'authenticité d'un pays.
J'ouvre au passage une parenthèse, parce que je me rappelle de notre voyage en Egypte: si la fascinente beauté de ce pays n'est plus à prouver, il n'en demeure pas moins que le tourisme a entrainé des pratiques qui s'avèrent fatiguantes à la longue...un jour ou l'autre, on finira par nous demander "bakshish" pour un simple bonjour!...je referme la parenthèse.
Après le grattage, il reste à teinter les peaux, avec divers éléments naturels, comme par exemple la racine de mimosa ...
Nous ne sommes pas restés longtemps dans le quartier des tanneurs: certes, la puenteur est incommodante, mais notre guide est surtout pressée de nous faire entrer dans la boutique!
Elle se transforme alors en bonimenteuse pour nous encourager à acheter tout et n'importe quoi: "oh les belles babouches, les beaux coussins! et les sacs, ils sont pas beaux les sacs peut-être?!"
si, tout ça est très beau...mais son attitude m'écoeure et par principe, nous ne ferons aucun achat en sa compagnie...vite, qu'on en finisse, qu'elle nous libère!!!
J'ai beau lui expliquer que nous n'avons pas l'intention de faire des achats en sa compagnie, elle insiste!
Une dernière tentative, pour qu'elle nous conduise à la fontaine, restera infructueuse: nous nous passerons d'elle!
La voilà qui nous guide dans le souk: heureusement que nous y retournerons, seuls! à peine le temps de frofiter des couleurs!
Mais c'est logique: elle ne veut pas que nous puissions nous arrêter chez des commerçants auprès desquels elle n'a pas d'accord. Car elle n'a pas renoncé! La voilà qui nous fait entrer dans "la maison du Kaftan"...et c'est reparti pour un tour: "ici, vous trouverez ce qui se fait de mieux, parce que dans le souk, on peut se faire rouler! c'est ici que j'achète tous mes vêtements"...j'en passe et des meilleurs!
Par curiosité, je demande le prix d'une tunique en coton...je manque de m'étouffer lorsque le vendeur m'annonce le prix! il veut me vendre sa chemise au prix des boutiques de l'avenue Montaigne!
"on peut discuter"! bien sûr! mais là, je n'ai vraiment pas envie!
Un peu plus loin, nous entrons par une petite porte, dans le four collectif de la medina: enfin une bonne idée!
Les femmes apportent leur pâte le matin, et viennent récupérer le pain cuit un peu plus tard. C'est là aussi, que sont cuits les pains des restaurants et des petits marchands. On peut aussi acheter sur place...c'est là que je paierai ma deuxième photo...
Plus loin encore, la guide, qui est décidément têtue, nous fait entrer dans une nouvelle boutique: elle écoute tout! elle nous a entendu parler de chaussures, alors bien sûr, c'est là que nous trouverons ce qui se fait de mieux, encore une fois! l'ambiance devient pesante, parce que pour couronner le tout, elle semble fort peu apprécier de ressortir bredouille de toutes les boutiques! bien sûr, pas d'achat, pas de commission!
Cette fois, la coupe est pleine, et nous lui signifions que nous en avons assez: il n'est pas midi, mais nous la libérons...ou plutôt, nous retrouvons notre liberté! Nous sommes de retour sur la place Jamma El Fna, et nous allons prendre un déjeuner à une terrasse. Nous déclinons bien sûr sa proposition de nous aider dans notre choix! C'est ici que nos chemins se séparent: bon vent!
Comme il est tôt, nous optons pour la terrasse de chez Chegrouni: la vue sur la place est agréable...
Direction 3° étage. Nous trouvons une table pour 6, ce qui tient du miracle: cette adresse est référencée dans un célèbre guide et les tables en terrasse sont souvent prises d'assaut. La cuisine est traditionnelle, sans fantaisie mais convenable, pour un prix dérisoire.
Bien sûr, nous profitons de ce point de vue pour photographier le souk, vu du dessus...difficile d'imaginer ce qui se cache en dessous!
Les paraboles ont poussé plus vite que les palmiers, et c'est toujours surprenant de les voir fleurir, même sur les toits des plus modestes masures.
J'aime particulièrement l'ambiance de la place Jamaa el Fna. Pourtant, son nom signifie "Place des trépassés...pas très réjouissant, vous en conviendrez! C'est un beau paradoxe, lorsqu'on connait l'animation trépidente qui règne ici, allant crescendo jusqu'à la tombée de la nuit.
Nous sommes vendredi, jour de la grande prière. Quand résonnent les chants des muzzines de toutes les mosquées alentour, les fidèles se réunissent devant leurs boutiques pour prier. Je dois avouer que la ferveur est assez impressionnante, de par son contraste avec la folie ambiante.
C'est alors que nous prenons des photos que notre ami Ben va faire "la" boulette...il va commander des boulettes...elles se rappelleront à son bon souvenir dès le lendemain...( promis Ben, je donnerai pas les détails! )
Nous avons prévu de passer l'après-midi à prendre notre temps: celui de flâner, de s'imprégner de l'atmosphère si particulière, de faire du repérage pour les achats que nous avons prévus. J'ai promis à mes filles que nous leur donnerions le temps nécessaire pour se faire plaisir: nous arpenterons donc les allées du souk, ou devrais-je dire des souks, en attendant que la place s'anime.
Le dur apprentissage de l'art du marchandage, et encore plus celui de la patience, commence pour Hélène: elle souhaite offrir quelques babioles à ses amies, et aussi ramener des souvenirs pour elle. Elle était trop jeune lors de notre voyage en Egypte pour se rappeler les ficelles de cet exercice, et elle ne comprend pas que je puisse passer un temps fou avec elle, pour d'abord, choisir l'objet qu'elle souhaite, et ensuite, renoncer à l'achat, après une demie heure de discussions enflammées , sous prétexte que nous n'avons pas trouvé d'accord sur le prix.
Au début, elle est même franchement boudeuse, persuadée qu'elle ne retrouvera jamais ailleurs quelque chose qui lui plaira autant. L'ainée, Perrine, me fait confiance, et tente de calmer sa soeur...je ris sous cape: je suis comme un poisson dans l'eau! j'adore ces palabres interminables, ces échanges vifs, mais toujours (ou presque) "bon enfant".
Il est vrai que chez le premier potier visité, nous avions passé au moins une heure, à choisir les pièces pour Cindy, mes filles et moi...pour finalement ne rien acheter! le vendeur était un peu sur les nerfs...
J'ai donc expliqué à Hélène que pour connaître le vrai prix des choses, il fallait d'abord "voir" jusqu'où pouvait aller un marchand: celui-ci ne vendra jamais à perte, et préfèrera vous laisser partir sans discuter: on sait alors que ce prix là est celui qu'il ne faut pas franchir. Au marchand suivant, on monte un peu notre prix plancher. Mais il faut tenir! parfois, les vendeurs n'hésitent pas à venir vous rechercher au bout de 5 minutes, alors que vous êtes déjà loin de sa boutique! et il ne faut pas hésiter à renouveler l'expérience plusieurs fois: on peut ainsi diviser le prix que nous proposait le premier vendeur par trois!
Définitivement, dans notre groupe, le marchandage est affaire de femmes. On m'a souvent demandé si j'étais bretonne, ce qui me faisait beaucoup rire, sous prétexte que j'étais têtue...je ne savais pas que les bretonnes étaient têtues! Dans tous les cas, un bon prix est celui qui satisfait les deux parties!
Dans une ruelle moins fréquentée que les axes principaux, nous dénichons enfin une boutique où nous trouverons notre bohneur: tajines, photophores multicolores, feront des cadeaux appréciés. Le vendeur est sympathique et souriant. Comme souvent, lorsque les affaires sont faites, les hommes d'un certain age aiment nous parler de la France, savoir de quelle région on vient. Ils sont souvent fiers de nous dire qu'ils connaissent telle ou telle ville française, ou encore nous disent leur amour pour notre pays. L'un d'eux, un vieil homme du souk des ferronniers, voulaient même nous inviter à boire le thé pour parler "entre frères". On peut bien sûr ironiser sur ce genre de propos. il n'en demeure pas moins que chez certains, la sincérité se lit dans leur regard.
Les ferronniers...justement: c'est le souk que je préfère. Il y règne une ambiance particulière: la lumière du soleil filtre à peine à travers les ruelles étroites, et la poussière en suspens donne une impression de brume. Le bruit des marteaux qui s'abattent sur le fer, le vacarme des meuleuses, les étincelles des postes à souder...tout cela forme un ensemble d'une fascinente beauté.
Le temps passe à toute vitesse et bien sûr, nous qui ne devions faire nos achats que le lendemain, sommes chargés comme des mules!
Il est temps de rentrer déposer nos achats au ryad: Je me suis promis d'aller au hammam, et nous avons réservé une table dans un restaurant traditionnel pour le soir. Nous filons droit à travers les ruelles du souk: pas question de nous arrêter! Nous serions encore capables de trouver quelque chose à négocier! Les filles sont satisfaites: elles ont trouvé leur bohneur. Enfin presque: sur le chemin du retourd, Hélène me fait la synthèse de la journée, m'énonçant ses achats et les destinataires, puis surtout, ce qu'elle voudrait encore trouver! Elle a retrouvé le sourire, et s'est mise à apprécier les joies du marchandage. Elle a compris que cela faisait partie du folklore local, passage obligé de tout achat. et voyant les économies réalisées pour elle, qui était prête au début à débourser sans broncher, la voilà qui devient intraitable en affaires!
Nous voilà devant la façade du hammam: nous entrons, pour prendre les renseignements d'usage, et réserver pour tout le monde, ce que nous appellerons "la totale". Les filles apprennent avec stupeur que le maillot est inutile: il va falloir faire preuve de persuasion pour qu'elles oublient leur pudeur! les hommes regrettent en plaisantant que le hammam ne soit pas mixte...et puis quoi, encore?!
En gros, on peut revenir les mains dans les poches...mais les poches remplies de dirhams, parce qu'ici, on ne négocie pas, et la note est plutôt salée! mais j'avoue que j'ai très envie de me détendre un peu...et puis rien qu'à imaginer nos deux oiseaux, le pareo à fleurs prêté par la maison autour de la taille, se faisant masser de la tête aux pieds par un masseur barraqué, moi, ça me fait mourir de rire....eux, moins...les hommes ne savent pas s'amuser!
Le restaurant est à deux pas de là, nous passons changer l'heure de notre réservation: le hammam est complet jusqu'en fin d'après-midi. Un autre passage par le ryad, où nous déposons toutes nos affaires, et où nous soufflons un peu: il est vrai que nous avons le don pour nous ficeler des programmes plutôt chargés! Mais c'est que...nous aimons découvrir le plus de choses possible lorsque nous voyageons: en règle générale, notre "planning" est déjà bouclé avant notre départ. D'aucuns diront que ce n'est pas des vacances...c'est possible! c'est autre chose: un voyage, une initiation à une autre culture, une immersion dans d'autres traditions, une découverte. alors il est vrai que souvent, nous sommes plus fatigués en rentrant de voyage, qu'avant notre départ...mais qui a dit que les vacances étaient faites pour se reposer?!
Donc, à peine le temps de souffler que la troupe au complet repart pour le hammam. L'enthousiasme se lit sur le visage des hommes! je fais remarquer à mon mari qu'il pourrait au moins faire semblant d'être content! je sais que c'est mon caprice, mais finalement, je n'obligeais personne à m'accompagner! Ben est aussi un peu chaffoin...barbouillé...et la phrase tombe: "j'aurais pas du manger des boulettes". Quelques secondes de silence, le temps de digérer la nouvelle, et nous lui demandons ce qui lui est passé par la tête pour manger ça! franchement: des boulettes, on a pas idée! " Mais, t'inquiète Ben, ça va aller"...
Nous nous présentons au comptoir, où on nous remet un panier en plastique individuel, dans lequel nous trouvons un peignoir, un pareo, une brosse, un shampooing: tout le monde regarde ça avec l'inquiétude sur le visage, et c'est franchement drôle! ah oui! et un bracelet de couleur: chaque couleur correspondant aux soins que nous avons choisis. Pour nous, ce sera donc hammam, gommage et massage...si avec ça, ce soir, on est pas détendu!
Nos chemins se séparent: les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Arrivées dans la partie hammam, nous saluons deux jeunes femmes espagnoles visiblement moins pudiques que mes filles! Nous prenons place en silence, quand une jeune marocaine vient me faire signe de lui tendre ma main. Elle y dépose alors une substance noirâtre, tiède et molle. J'ai du faire une moue assez comique, parce que Cindy part dans un fou rire en me regardant! Il s'agit du savon noir, et nous sommes invitées à nous en enduire tout le corps. Tout est calme, nous nous détendons un peu, quand la jeune femme revient, regarde les deux ibères, et pour une raison connue d'elle seule, remplit une bassine d'eau froide et la leur balance sans ménagement, entrainant au passage des cris d'effroi. Nous nous regardons, inquiètes mais amusées.
L'étape suivante est beaucoup plus agréable: après une douche, nous nous installons sur des tables, et des dames très énergiques nous passent un gant, qui relève plus de la rape à fromage, sur tout le corps...Cindy, qui a un magnifique coup de soleil sur le nez, supplie qu'on l'épargne...trop tard! je compatis à ses aïe, aïe, AAAAïeeee! en riant....pardon Cindy, c'est pas drôle...
Nouveau passage à la douche et là...le nirvana! Enduites de la tête aux pieds d'huiles essentielles, nous nous laissons aller sous des mains expertes, à un massage fort apprécié. Pour un peu, je manque de m'endormir: rien n'est oublié, de la moindre phallange de nos mains à nos orteils, tout y passe. Lorsque La masseuse nous pétrit le ventre, nous avons une pensée émue pour Ben: ses boulettes ne doivent pas être à la fête...euh...celles qu'il a mangées, bien sûr! Et lorsque nous sommes invitées à quitter la table de massage, j'avoue que j'aurais bien enchaîné une deuxième séance!
Contre toute attente, nous sommes les premières à sortir, et nous attendons nos hommes pendant au moins 20 minutes! Lorsqu'ils sortent à leur tour, ils ont un teint de bébé mais mon mari nous gratifie d'un "ouais, bof..."pfff!!! inculte, va!
Nous avons encore pris du retard, et avons tout juste le temps de nous changer, pour ensuite nous rendre au restaurant: l'endroit est splendide. Un ryad aux fontaines dans lesquelles flottent des dizaines de roses fraîches, une ambiance tamisée, et une cuisine correcte. Dommage que les danseuses du ventre soient accompagnées d'une musique assourdissante, qui nous interdit de communiquer: on se croirait en boîte de nuit. J'ai vu le lendemain, ce restaurant référencé dans un magasine, comme repère d'une certaine jet set: ceci explique sûrement le manque d'authenticité de l'endroit.
Nous nous sommes couchés ce soir là, plus fatigués que lors de nos jours de treck! Demain, pour notre dernière journée, nous avons prévu une journée tranquille: je tiens tout de même à emmener nos filles au jardin Majorelle. Le reste de la journée sera consacré aux derniers achats...






















