Avril au Maroc

un carnet de voyage en images, pour les amoureux des paysages sauvages, loin des formules all inclusive.

15 juin 2007

merci

Je vais prendre quelques lignes, pour faire ma cérémonie des César...non! je rigole!

Mais je voudrais tout de même dire merci à nos amis Ben et Cindy, qui répondent toujours "présents" lorsque nous leur proposons une escapade: ça peut paraître banal!...
ça l'est moins quand on sait qu'un jour, j'ai envoyé un mail à Cindy, avec une photo d'une plage mauricienne et ce commentaire: "si tout va bien, nous y serons cet été"...quelques jours plus tard, j'envoyais un simple texto sur son portable, disant à peu près ceci: "un treck de 6 jours à la Réunion, plus 4 nuits à Maurice, ça vous tente? besoin d'une réponse rapide". Le jour même, sans avoir demandé plus de précisions, je recevais un "ça marche" qui concluait l'affaire!
Je voudrais donc leur dire ici, combien leur confiance me touche, et combien leur amitié m'est chère.
Parce qu'il faut dire que depuis, j'ai renouvelé la même histoire, pour un voyage en Tunisie et nos deux voyages au Maroc, et qu'ils ont toujours accepté de nous suivre, même quand il était difficile de poser congés en dernière minute.
Pour couronner le tout, ils sont de formidables compagnons de voyage, toujours de bonne humeur, et partants pour toutes les aventures.

Je voudrais dire merci aussi à mes filles. Merci de nous suivre encore, à l'âge où d'ordinaire, les enfants préfèrent partir entre copains pour se légumer sur des plages. Merci de me permettre de leur faire partager ce qui m'émeut, ce qui me touche. Merci de vivre avec moi mes plus beaux souvenirs.
Merci aussi d'être râleuses, boudeuses...euh, là, j'en fais un peu trop...mais si elles ne l'étaient pas, allez savoir, je m'ennuierais peut-être!

Et je remercie aussi mon mari, qui jusqu'ici, a toujours cédé sans difficulté à mes caprices...pourvu que je m'occupe de tout ;o)

Comment oublier aussi Lahcen, Tayeb, Djamel, Omar et Ahmed? qu'ils soient ici remerciés pour leur bonne humeur, leur bienveillance et leur gentillesse: ils on fait de notre voyage un enchantement.

Et merci à vous, qui avez pris un peu de votre temps, pour lire ce carnet de voyage, et pour y laisser quelques commentaires touchants.
Je ne savais pas, en commençant à l'écrire, que j'y prendrais autant de plaisir, que j'y mettrais autant de détails, parfois futiles, mais j'ai toujours pensé que le plaisir et le bohneur ne valent que s'ils sont partagés...

dimanche 29.07.2007

J'ajoute ici quelques mots, pour remercier Rachid, qui a eu la gentillesse de laisser un commentaire sur la page "jeudi" (je crois) : ce témoignage, de la part d'un jeune guide marocain, est peut-être ma plus belle récompense. S'il a été touché par mes mots, par mes images, c'est peut-être qu'il s'est senti fier d'y reconnaître son pays. Alors, peut-être aussi, en ai-je décelé un peu le coeur?...

Posté par neferka à 15:33 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Réponses aux questions

Choucas, le 05/05:

Est-ce que Marrakech va devenir le "Mallorca" (Majorque) des Français ?

C'est à craindre, en effet, mais je crois que la médina restera préservée: ne serait-ce que parce que son architecture ne permet pas une modification qui permette de la défigurer. Bien sûr, beaucoup de français ont racheté les beaux ryads, et les marocains ont préféré acheter des appartements neufs dans le nouveau quartier de Guéliz, où les immeubles modernes poussent comme des champignons. Nous en avons parlé avec eux, ils semblent ne pas regretter leur choix: ils n'avaient pas les moyens de restaurer les vieilles bâtisses. Ils vivent dans le confort moderne, et travaillent souvent dans leurs anciennes propriétés. pour ma part, j'aurais préféré qu'ils aient les moyens de restaurer leur bien..

sur la photo de Tyzan (?) on décèle comme une "coupure" dans le verdoiement des terrasses: est-ce dû à la sécheresse ou au fait que ces terrasses ne sont pas encore en culture ?

A cet endroit, il n'y a plus que de la roche, plus rien n'est cultivable.

Z11, le 7/04:

Cours de Marocain
Chrob ou chouf", signifie "bois et regarde"...

Chrob = bois ?
ou = ou bien ?
Chouf = regardes ?

Bois ou regardes ? Non ?

ça paraît logique, mais partout où j'ai cherché, j'ai trouvé la traduction "bois ET regarde"

Mais ou est l'eau ?
il y a t'il une fontaine sous ce porche ?
Peut-être un simple robinet ?

l'eau est effectivement sous le auvent, elle coule par un robinet, qui ne présente aucun intérêt. Sous cet abri règne une saleté repoussante. J'ai volontairement coupé cette photo à mi-hauteur.

Cette jolie main est elle négociable ?

Vous arrivez trop tard: elle a été négociée voilà déjà 17 ans ;o)

Z11, le 14/06:

Que fait Lahcen ? Sur la toute première photo décorant le récit. Sa main a un mouvement rapide et semble tenir une pierre.

Il casse un pain de sucre, pour préparer le thé à la menthe.

Si vous avez d'autres questions, posez les en laissant un commentaire sur ce chapitre: j'y répondrai dans la mesure de mes compétences

Z11, le 15/06:

Sur la photo de l'arganier on aperçoit un animal de teinte noire, serait-ce une chèvre ? qui s'aventure dans les épines ?

Absolument! on appelle d'ailleurs aussi ces arbres, les arbres à chèvres. A notre approche, elles sautaient les unes après les autres, comme les pommes tombent du pommier. C'est assez drôle à voir, sauf que lorsqu'on veut les photographier...une fois sur deux, il ne reste plus de chèvre dans l'arbre lorsqu'on est prêt à déclencher! Celle qui trône sur cette photo était plus téméraire...ou plus gourmande que les autres.

Z11, le 18/07:

c'est long, long, long...

Ah...Mr Z11! il est vrai que tout le temps perdu ne se rattrape plus! Alors comme ça, comme Barbara, vous non plus, n'avez pas la vertu des femmes de marin?
Plus sérieusement, je réponds à vos questions: il n'y a pas de suite à "avril au Maroc". J'ai écrit ce récit, parce que je voulais "mettre en forme" mon carnet de voyage. Je continuerai de répondre aux questions qui viendraient à m'être posées, mais je ne peux compléter le récit, sous peine d'inventer une histoire, et ce n'était pas mon but.

En revanche, je continuerai, régulièrement, à narrer mes voyages, mais je le ferai sur des "cahiers" différents: ainsi, vous pouvez voir, dans la colonne de droite, un lien qui vous mènera vers un autre récit, une autre destination. Comme pour le Maroc, j'écrirai, en fonction du temps que je trouverai...et il me manque un peu en ce moment! mais mes carnets sont prêts ;o)

Posté par neferka à 18:40 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 octobre 2007

Un petit tour dans le sud

Ce blog ne vit plus depuis des semaines, et pourtant, il continue d'être visité régulièrement. J'ai donc décidé de publier chaque jour (les jours où j'ai le temps) une photo de notre précédent voyage. Je les accompagnerai de quelques commentaires ou anecdotes, mais je ne pourrai me lancer dans un récit aussi détaillé que le précédent: comme je l'avais écrit en préambule, la mémoire ne retient malheureusement que les moments les plus forts, et oublie les petits rien qui pourtant, nous avaient émus dans l'instant.Ainsi vont les choses...

Nous étions partis de Marrakech: je vous épargnerai donc ce chapitre, longuement détaillé précédemment. Ce séjour était bien moins sportif, puisqu'il s'agissait d'un circuit en 4X4, vers le désert. Mais j'ai une bonne excuse: nous avons fait ce voyage à l'occasion d'un "franchissement de dizaine": par un hazard heureux, parmi nos amis, 4 d'entre eux fêtaient un anniversaire au chiffre rond...je ne dévoilerai pas le chiffre des dizaines! Ce que je peux dire en revanche, c'est que certains ne se sentaient pas capables de trekker dans le désert...

Après une première journée passée à Marrakech, nous avons pris la route pour Taroudant. Dépaysement garanti, après le bruit, la foule de la ville, les montagnes de l'Atlas, à perte de vue...

La transition se fait bien sûr en douceur: nous traversons des villages qui ressemblent à ceux que nous visiterons, dans la vallée de l'Ourika.

village_ourika

Nous empruntons la route de Tizi n'Test, qui est l'une des plus impressionnantes routes de montagne du Maroc. Les habitations se raréfient, la nature s'amuse avec les couleurs...

le_rouge_est_mis

Nous sommes pressés de découvrir le desert. Mais notre première étape est Taroudant. Cette ville a un charme particulier. Très touristique, mais plus sauvage que Marrakech...plus pauvre aussi. Au détour d'une rue, les marchands vendent leur pain, des petits gâteaux dégoulinants de miel, ou encore des tajines qui mijotent sur leur brasero,parfois à même le sol...il faut maintenant oublier d'où l'on vient, pour s'imprégner de cette culture, la comprendre: nous sommes "ailleurs"...

Taroudant

Le lendemain, nous empruntons une nouvelle piste, en direction du sud. Nous traversons de longues distances désertiques, et puis soudain, des arganiers, semblants défier le soleil et les vents parfois violents du desert, offrent leur ombre rafraichissante à des bergers, gardiens de troupeaux immenses.
Les villages que nous traversons maintenant ressemblent plus à des oasis: l'eau comme partout au Maroc, ruisselle en canaux étroits, et permet des cultures diverses. Mais l'Atlas est proche: ce sont juste des coins de verdures, arrachés à la montagne. La piste devient de plus en plus cahotique, donnant l'impression de s'enfoncer chaque jour un peu plus vers un inconnu que l'on devine fascinant.

piste_encombr_e

Et partout où l'eau est présente, l'Homme, inlassablement, domestique la nature, cultive une terre qui s'avère généreuse, trasse des sillons, donne au décor une rigeur géométrique.

La montagne qui entoure, elle, domine de ses reliefs tourmentés, de ses courbes, de ses rondeurs insolites. Ici, la roche s'est tordue sous l'effet de l'activité volcanique.

cultures

Nous avons pris la route d'Ighrem, et sommes sur la piste qui mène à Tata. Cette petite ville "sent" déjà le désert. C'est d'ailleurs la porte du désert! La route qui y mène est splendide, pleine de contrastes:

         piste_pour_Tata

                            palmiers

A Tata, j'ai fait une rencontre! Comme on en fait rarement. Nous avons flâné, dans les souks, dans les rues poussiéreureuses, et je me sentais suivie. Mon mari l'avait remarqué aussi, et me demandait de me méfier. Je ne ressentais pas vraiment de danger, et j'ai continué à m'imprégner des lieux sans plus de tracas. Mais j'ai senti soudain une main prendre la mienne. Je me suis retournée, et je l'ai vu: un charmant papy (rien de péjoratif dans ce mot) au large sourire et aux yeux pétillants, qui me dit "bonjour! soyez les bienvenus aux Maroc! Vous êtes français? j'aime beaucoup la France! Je suis venu en France!"

Ce monsieur était ancien combattant. Il s'est mis à me raconter ses souvenirs, avec du soleil plein les yeux. A ce moment, j'ai compris que les voyages en groupes n'étaient pas faits pour moi. Ces visites au pas de course, pendant lesquelles on ne peut s'offrir la moindre fantaisie ne sont définitivement plus pour moi. Je lui réponds, bien sûr, mais il voit bien que je ne peux rester. Alors il se met à marcher à mes côtés. Il me demande si j'aime son pays, je lui réponds que oui, évidemment, et il me dit "ça se voit". Ca me touche. Mon mari me demande de me dépêcher, mais je me sens écartelée entre la nécessité de presser le pas pour ne pas perdre les autres, et les scrupules à voir ce vieux monsieur galoper en soufflant à mes côtés. Je lui demande de s'arrêter, lui dis que je regrette, qu'il voit bien que je ne peux rester mais il n'abandonne pas. Il presse encore le pas. A l'approche de l'hotel, tout le monde ralentit et je peux enfin lui accorder un peu de temps. Il sort alors de sa poche une carte postale qu'il me montre, avec une immense fierté dans le regard.

Tu vois, c'est un monsieur qui me l'a envoyée! je l'ai connu ici! je la montre à tout le monde, à mes amis... regarde!      

Je regarde et je vois en effet...et je comprends. Cet homme voyage par procuration: il a la nostalgie de sa jeunesse, pendant laquelle il est venue en France. Il n'a pas bougé depuis son retour au pays, mais ces cartes postales du bout du monde...enfin, de son monde, sont ses voyages à lui. Il m'émeut. Il le sait! Il a l'oeil vif! Il veut faire une photo avec moi. Mon mari nous photographie. Je lui demande aussi une photo de lui, seul, et il accepte. Ce sera la seule personne au Maroc, qui ne me demandera aucune rémunération pour une photo...à non! un jeune vendeur de volaille aussi!...triste réalité des sentiers battus par un tourisme de masse.

Au moment de partir, il me glisse un papier dans la main. C'est son adresse. Avant qu'il ne me le demande, je lui dis oui, je vous écrirai! il me serre alors dans ses bras à m'étouffer, sous l'oeil amusé de mon mari, et m'embrasse d'un baiser sonore sur la joue. Il s'éloigne comme un enfant, se retournant en me demandant promis? je réponds promis!

Dès notre retour, je lui ai écrit une carte postale, et j'ai glissé dans l'enveloppe une photo...

Je m'aperçois que je ne devais, dans ce chapitre, pas faire de longs récits. Mais il est des rencontres que l'on aime partager! cet homme ne lira sans doute jamais ces mots, et c'est dommage: je suis sûre qu'il en serait très fier. Cet homme, qui se cache sous de faux airs timides, c'est lui:

rencontre

Posté par neferka à 09:35 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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